CESER : la société civile mobilisée pour analyser la crise sanitaire et préparer son lendemain

Publié le 11/05/2020

Dès le début du confinement, nous avons appris que le Conseil Régional, prévoyait un plan d’urgence à destination des entreprises afin de les aider à anticiper la baisse d’activité dûe au confinement. 70 millions d’euros ont ainsi été débloqués.

Par ailleurs, le Conseil Régional a profité de la tenue de commissions permanentes en visio-conférence pour voter un certain nombre de délibérations prévues initialement. Comme c’est la règle, le CESER a dû préparer des avis,  dont deux concernant les sujets emploi-formation pour lesquelles la commission ad-hoc, (commission 1 Education Formation Emploi), présidée par la CFDT, a dû préparer dans l’urgence deux avis (suivre le lien), et une délibération portant sur une convention entre le Conseil Régional et la Caisse des Dépôts et Consignations. 

Le Bureau du CESER, en parallèle de ces travaux, s’est réuni pour élaborer un avis sur les mesures d’urgence prévues par le Conseil Régional.

C’est avec une citation d’Albert Einstein que débute cet avis, une façon pour le CESER de pointer l’enjeu de l’après : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré ». le CESER considère en effet qu’il ne saurait y avoir de sortie stable et durable de crise, sans un examen des causes et sans des réponses profondes

Tout en souscrivant au principe qu’une collectivité locale se mobilise aux côtés de l’Etat pour tenter d’amortir l’impact d’une telle crise sanitaire, le CESER a tenu à interpeler les élus régionaux sur la situation des professionnels qui ont maintenu leur activité pour assurer une réponse aux besoins essentiels de la population, en rappelant qu’ils sont nombreux à connaître la précarité, voire la pauvreté, exerçant dans des conditions de travail difficiles et insuffisamment reconnus. Le CESER a formulé 26 remarques, points de vigilance ou propositions au Conseil Régional portant sur des mesures d’ordre sanitaire, de soutien aux entreprises et aux associations, de soutien aux populations fragiles, et enfin plus spécifiquement portant sur les dispositifs de gestion de crise.

Parmi ces propositions, à noter la demande au Conseil Régional de se prononcer sur l’arrêt immédiat de toute activité dans des secteurs non essentiels où le télétravail n’est pas possible ou encore que les aides d’urgence soient conditionnées au maintien dans l’emploi et à la consultation des instances représentatives du personnel ou de la commission paritaire régionale interprofessionnelle (CPRI) pour les très petites entreprises.

Le CESER a également pris positionnement refusant la réquisition de réfugiés comme cela a pu se voir dans certaines régions, rappelant que seul le strict volontariat peut prévaloir en la matière, tout en exigeant les mêmes droits et protections pour les personnes concernées.

Concernant les personnes vulnérables, le CESER a souhaité attirer l’attention sur la situation très compliquée des associatives caritatives, a préconisé la gratuité des transports en commun pour le personnel soignant et a attiré également l’attention sur la situation dramatique des populations sans domicile, dont les migrants, particulièrement exposés aux risques sanitaires. Le CESER a demandé expressément la régularisation des sans-papiers.

Enfin, Le CESER a demandé à ce que les organisations syndicales de salariés soient associées à la cellule de crise mise en place par l’Etat et le Conseil Régional

S’agissant de la sortie de crise, le CESER demande au Conseil Régional d’engager une dynamique d’anticipation et termine sa déclaration par une phrase d’Antoine de St-Exupéry :

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible. » (Antoine de SAINT-EXUPÉRY)

En PJ l'avis du CESER